Constructions identitaires et territorialités des jeunes des quartiers populaires et d’immigration : une comparaison entre Montréal et la banlieue parisienne

PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE :

On parle trop souvent négativement des jeunes des quartiers populaires et issus de l’immigration, de la précarisation, de la désaffiliation et de la déqualification qui affectent ces espaces. Cette recherche collaborative entend proposer un autre éclairage sur ces transformations en mettant de l’avant les voix et expériences des jeunes vivant dans deux quartiers populaires et d’immigration en région parisienne (La Maladrerie et Quatre chemins-Diderot) et à Montréal (Saint-Michel et la Petite-Bourgogne). Elle vise à contribuer à la compréhension du processus de construction identitaire et de l’importance du quartier pour les jeunes en

  1. mettant à jour les contre-discours des jeunes face aux discours dominants sur leur « anomie » ;
  2. analysant les histoires collectives qu’ils construisent pour eux et entre eux ;
  3. appréhendant les relations de pouvoir, les conditions contraignant ou favorisant la citoyenneté et la participation politique des jeunes.

L’objectif est de se demander ce qui se (re)construit, ce qui permet la production d’identités et de cultures à partir de l’expérience de 8 à 12 jeunes âgés entre 16 à 25 ans dans chacun des quartiers choisis. Pour ce faire, ces jeunes ont participé à deux phases d’ateliers visant à explorer leur vécu, leur sentiment d’appartenance, leur histoire personnelle et les modes d’expression qu’ils favorisent. À partir de cela, ils ont créé des capsules audiovisuelles et des textes sur un lieu, un sujet, ou une histoire leur tenant à cœur. Sans idéaliser ni homogénéiser l’expérience de ces jeunes, la recherche vise à situer leurs vécus dans le cadre de l’histoire passée et présente des quartiers où ils vivent. L’approche de recherche pluridisciplinaire du projet a emprunté aux outils de la sociologie, de l’histoire orale, de la géographie critique et de l’intervention communautaire et sociale.

ÉQUIPE :

L’équipe de travail a grandi au fil du projet. L’équipe de recherche s’est d’abord formée, ensuite se sont ajoutés les coordonnateurs de terrain de chaque ville, l’équipe graphique et audiovisuelle et d’animation. De plus, à Montréal, un intervenant communautaire de chaque quartier s’est joint à l’équipe pour animer les ateliers. Finalement, les participants des quatre quartiers ont été rencontrés par les coordonnateurs et les animateurs à travers les organismes et intervenants communautaires et associatifs locaux et lors d’évènements de quartier.

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PARTENAIRES LOCAUX :

Dans chaque quartier, des partenaires locaux tels des organismes et intervenants communautaires et associatifs ont collaboré pour le recrutement des jeunes, la réalisation des ateliers et la promotion du projet.

À la Petite Bourgogne, l’organisme Desta Black Youth Network qui oeuvre auprès des jeunes de 18 à 25 ans a aidé à promouvoir le projet, a participé au recrutement et a prêté ses locaux pour les rencontres d’informations, les ateliers de la première phase ainsi que la présentation des capsules vidéos à la Petite Bourgogne. À St-Michel, le Forum Jeunesse St-Michel (FJSM) a aidé pour la promotion, le recrutement et a prêté ses locaux pour les rencontres d’information et de recrutement. Le FJSM est un organisme par et pour les jeunes qui vise à favoriser l’implication citoyenne des jeunes du quartier. L’organisme Groupe Orientation Emploi, qui travaille à favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes adultes, a prêté ses locaux pour les ateliers de la première phase.

La Coop audiovisuelle Great Things Studio a soutenu la réalisation de certaines capsules vidéos et a participé à l’événement de lancement de Montréal. Great Things Studio est une compagnie de production vidéo et sonore. Les ateliers et rencontres de la deuxième phase ont eu lieu à l’INRS-Urbanisation Culture Société, au Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia, à Desta et au Forum Jeunesse St-Michel. Durant tout le projet, le Laboratoire de Recherche Ville et ESPAces politiques de l’INRS-UCS a été l’ancrage administratif et un point de rencontre pour l’équipe. Le VESPA a aussi prêté son matériel audiovisuel et ses locaux pour la réalisation des activités de la recherche.

En région parisienne, nous tenons à remercier l’ensemble des nombreuses structures qui nous ont reçues lors de la phase de recrutement. Nous tenons plus particulièrement à remercier le travail de l’équipe de CPE du Lycée polyvalent d’Alembert, l’ensemble des équipes d’À Travers la Ville, les membres de l’association BABA, et les chargées de mission du développement local du secteur nord de la ville d’Aubervilliers, ainsi que le directeur du service Jeunesse de la ville de Pantin. Pour ce qui est des locaux et du dynamisme des équipes rencontrés, notre travail a été possible grâce à l’engagement de l’équipe de l’Omja Emile-Dubois, ainsi que celle du Lab’ à Pantin. Merci à vous pour votre intérêt pour ce projet, pour votre soutien et nos échanges.

LIENS SITES PARTENAIRES Montréal

http://www.groupeorientationemploi.com/

http://www.fjsm.org/

http://www.destabyn.org/index.html/

http://514gt.com/

LIENS SITES PARTENAIRES Île-de-France

https://www.omja.fr/

http://www.ville-pantin.fr/espace_16_25_ans.html

DÉROULEMENT :

Les activités de la recherche se sont déroulées en deux phases. À Montréal, la première phase d’ateliers a eu lieu au printemps 2014 à la Petite Bourgogne et à l’automne 2014 à St-Michel. En région parisienne, la première phase a eu lieu à l’automne 2014 à la Maladrerie et à l’hiver 2015 à Quatre chemins-Diderot. Dix jeunes de chaque quartier ont participé à cette première phase. Dans les deux villes, la deuxième phase a eu lieu à l’automne 2015 et l’hiver 2016. À Montréal, la deuxième phase a consisté en une série d’ateliers sur la recherche et l’histoire orale, suivie de rencontres d’écriture. En Île-de-France, trois moments d’ateliers d’écriture collective ont été réalisés pour la deuxième phase.

PREMIÈRE PHASE :

La première phase s’est faite en 10 ateliers de trois heures chacun, à raison de deux ateliers/semaine pendant quatre semaines suivis d’un atelier/semaine sur deux semaines. Ces ateliers visaient à explorer collectivement le parcours identitaire des jeunes, tout en leur offrant un espace pour raconter leur histoire personnelle et l’histoire de leur quartier à travers divers medium (blog, photos, cartes, écrits etc.). Lors de discussions thématiques, d’exercices de cartographie et de photos, de marches dans le quartier et en utilisant le blog conçu pour le projet,  les jeunes ont réfléchi et échangé sur différents sujets. Ceci a mené à la préparation de capsules vidéo conçues et réalisées par les jeunes. Ces capsules représentent un lieu ou un thème raconté par eux et sont présentées comme guide multimédia sur le site web ou en version téléchargeable sur un téléphone intelligent. Vous pouvez donc visiter ces quartiers en vous imprégnant de l’ambiance sonore et visuelle créée par les jeunes qui vous parlent de leurs histoires, de leurs quartiers et de leurs idées.

À Montréal et en Île-de-France, les ateliers de la première phase se sont clos par des présentations publiques des capsules. Pour plus de détails, regardez la sections réalisations.

DEUXIÈME PHASE :

La deuxième phase s’est déroulée différemment à Montréal et en région parisienne. À Montréal, les jeunes qui désiraient et pouvaient poursuivre ont participé, avec le reste de l’équipe, à trois ateliers de groupes dans lesquels ils ont exploré la base de données du projet, ont participé à une entrevue d’histoire orale et ont discuté du processus d’analyse d’histoire orale. Les histoires de vie sont une source riche pour la compréhension des couches multiples de significations. Elles offrent un moyen de comprendre et d’interpréter l’expérience individuelle et les histoires oubliées, ainsi que de créer un espace pour explorer les contradictions et les relations entre souvenirs personnels, mémoire collective et histoire publique.

Suite aux ateliers en groupe, des sous-groupes de travail se sont rencontrés plusieurs fois pendant 3 mois pour que chacun des participants prépare sa production pour le livre. Certains ont choisi d’écrire, d’autres ont choisi la photo pour contribuer à l’ouvrage collectif.

Pour le travail d’écriture, nous avons travaillé en Ile-de-France, en plusieurs temps forts collectifs. Lors de la deuxième phase, nous nous sommes réunis pour des ateliers d’écriture pendant une fin de semaine. Nous avons pu bénéficier des locaux mis à notre disposition par la ville de Pantin, ce qui nous a permis de travailler dans un cadre très agréable et chaleureux. Nous remercions la ville de Pantin de nous avoir prêté les locaux “au vert” ! Vivre sous le même toit pendant le temps d’un week end nous a permis d’avancer l’écriture et l’analyse des thèmes choisis par chacun. Par la suite, plusieurs rencontres et échanges ont permis de reprendre les textes que nous avions écrits.

RÉALISATIONS

Le projet a mené à plusieurs accomplissements, pour plus de détails, voir la section Réalisations